Grâce à l’analyse de l’ARN messager via la technique RT-qPCR, l’équipe menée par le Dr Nathalie Lédée et Marie Petitbarat identifie des biomarqueurs permettant de proposer un traitement personnalisé afin d’augmenter les taux de naissance pour les femmes en échec d’implantation embryonnaire ou ayant subi plusieurs fausses couches inexpliquées.

Une synthèse des résultats des essais cliniques menés depuis 2012 a été publiée le 11 juillet dans l’International Journal of Molecular Sciences, ces résultats confirment l’augmentation du taux de naissances vivantes ainsi qu’une réduction drastique des fausses couches suite au test MatriceLab et aux recommandations de traitements personnalisés.

Cette analyse immunologique de l’endomètre a été brevetée en tant que technique visant à augmenter le succès de l’implantation dans la fécondation assistée (PCT/EP2013/065355). L’expression de chaque biomarqueur est normalisée par rapport à l’expression moyenne des gènes de référence, ce qui permet d’identifier un profil immunitaire pour chaque patiente. Grâce à ce profil, une prise en charge personnalisée peut être proposée pour améliorer la réceptivité utérine et maximiser les chances de réussite de l’implantation.

Le Dr Nathalie Lédée en est convaincue : « La médecine personnalisée de la reproduction doit prendre en compte le côté utérin de l’équation pour pouvoir construire des traitements sur mesure basés sur les caractéristiques de chaque patiente. L’innovation dans la médecine personnalisée au coeur des parcours de PMA est cruciale car elle peut permettre d’augmenter les taux de succès tout en réduisant les risques et les coûts (financiers mais aussi psychologiques et humains) associés à des interventions inefficaces ou inutiles. »

Des premières études de cohorte jusqu’aux études cliniques

De 2012 à 2018, les profils immunitaires endométriaux des patientes ont été analysés et une dérégulation a été constatée chez 81,7 % et 82,8 % des patientes de la première et de la deuxième cohorte, respectivement.

Dans la première cohorte, une suractivation immunitaire a été diagnostiquée dans 56,6 % des cas, tandis qu’une sous-activation a été observée dans 25 % des cas. Dans la deuxième étude de cohorte, une suractivation a été diagnostiquée dans 57% des cas, tandis qu’une sous-activation a été observée dans 25% des cas.

Le taux de naissances vivantes au moment du premier transfert d’embryon chez les patientes dérégulées et les patientes traitées ultérieurement était significativement plus élevé (39,8 % et 38,4 % dans la première et la deuxième cohortes, respectivement), par rapport aux patientes ne présentant pas de dérégulation, pour lesquelles aucun traitement n’a pu être proposé, et dont le taux de naissances vivantes était significativement plus faible (19,4 % et 26,9 %).

Toutes les études de cohorte prospectives confirment l’importance du bilan immunitaire de l’endomètre pour augmenter les taux de naissance !

Dans le cadre d’études de cohortes contrôlées, 193 patientes ayant subi plusieurs échecs d’implantation ont fait l’objet d’un bilan immunitaire de l’endomètre et des traitements personnalisés ont été administrés à celles diagnostiquées avec une dérégulation immunitaire. Ces patientes ont été comparées à un groupe témoin de 193 patientes qui n’ont pas fait l’objet d’un profil immunitaire endométrial.

Le taux de naissances vivantes correspondant était significativement plus élevé que dans le groupe de contrôle (30,5% contre 16,6%, OR : 2,2 [1,27-3,83], p = 0,004), avec une réduction simultanée drastique des fausses couches par grossesse initiée (17,9% contre 43,2%, OR : 0,29 [0,12-0,71], p = 0,005). Les 22% de patientes qui ne présentaient pas de dérégulation ne différaient pas de leurs témoins appariés en ce qui concerne le taux de naissances vivantes et les fausses couches.

Pour Marie Petitbarat, Directrice Générale de MatriceLab, « les études cliniques, terminées et en cours, suggèrent que cette approche peut augmenter les taux de naissances vivantes et réduire le temps du parcours PMA pour avoir un enfant. Il est temps d’arrêter de prescrire aveuglément des modulateurs immunitaires pour se concentrer sur l’analyse immunologique de l’endomètre et proposer des traitements personnalisés et adaptés ».

L’ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology) va dans ce sens dans ses dernières recommandations en faisant passer le bilan immunologique utérin dans la catégorie des tests qui peuvent être intéressants dans un parcours de PMA.

Matrice Lab Innov'
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