Les parcours AMP sont éprouvants et les échecs répétés peuvent être difficiles pour les patientes et les couples. Si les cas doivent pouvoir s’expliquer par la science, notamment grâce à de nouveaux outils comme le test de réceptivité utérine MatriceLab, certains cas peuvent apparaître comme magiques et inespérés.
Suite à un appel à témoignages que nous avons relayé sur les réseaux sociaux, l’histoire de Margaux pourrait sembler unique et incroyable. Voici le message qu’elle a envoyé à nos équipes il y a quelques semaines :
Après 3 ans d’essai en infertilité inexpliquée, 6 inséminations sans succès, 2 FIV avec 2 échecs de transfert puis 2 grossesse arrêtées précocement suite à 2 autres transferts, j’ai réalisé le test MatriceLab car c’était le seul test que nous n’avions pas fait.
Cela nous a enfin apporté un diagnostic après 3 ans d’échecs totalement inexpliqués : j’avais un profil immunitaire mixte. Il nous a été recommandé de tester le traitement proposé sur une nouvelle biopsie pour être sûr mais nous n’avons pas eu le temps de le tester car je suis tombée enceinte naturellement lors du cycle suivant la biopsie.
J’ai fait le test de grossesse le jour où je pensais devoir recommencer les piqûres pour une nouvelle FIV, je n’y croyais pas. Aujourd’hui enceinte de 2 mois, je croise les doigts pour que tout se passe bien jusqu’au bout mais je suis persuadée que le fait d’avoir fait la biopsie a poussé mes cellules en sous immunité à se réveiller et nous a permis ce petit “plus” tant attendu de façon naturelle ! merci de mettre un diagnostic sur de réels problèmes.
Margaux
Mais en médecine il n’y a que très peu de miracles réellement incompréhensibles, alors pour comprendre nous avons demandé quelques explications au Dr Nathalie Lédée, médecin de la reproduction et co-fondatrice du laboratoire.
Très simplement, qu’a t-il pu se passer dans le cas de cette patiente ?

Le fait de pratiquer un geste utérin (ici la biopsie) très précisément en fenêtre implantatoire a provoqué une meilleure maturation des cellules immunitaires pour le cycle suivant. Cela a potentialisé, au niveau de l’utérus, l’expression des molécules qui favorisent l’adhésion. C’est exactement l’effet recherché quand nous recommandons d’effectuer un scratching après avoir détecté une dérégulation immunitaire chez une patiente.
Est-ce fréquent ?
Oui ! D’après nos données, 8% des patientes ayant une immaturité des cellules uNK (cas des sous-activation et de certains profils mixtes) auront une grossesse spontanée !
Nous avons également observé des grossesses spontanées pendant le cycle suivant le test thérapeutique dans certains cas de sur-activations. Donc oui, cela peut arriver !
De façon plus générale, est-ce que beaucoup de patientes en parcours et en échec de FIV tombent enceinte naturellement ?
Environ 5% des femmes tombent enceinte de façon naturelle pendant un parcours d’AMP, ce n’est pas négligeable. Jusqu’à ce que nous ayons ces informations sur la réceptivité utérine, on ne comprenait pas bien le mécanisme. Le bilan immunologique nous a permis de mieux comprendre et d’identifier ces cas plus précisément.
Les parcours d’AMP peuvent réserver de belles surprises, le témoignage de Margaux en est un très bon exemple. Vous le voyez : la différence entre un échec d’implantation et une grossesse ne tient pas forcément à des traitements ou à des gestes médicaux compliqués.
L’étude de la réceptivité endométriale et des biomarqueurs identifiés par l’équipe MatriceLab permet de comprendre ces phénomènes pour les expliquer lorsqu’ils paraissent extraordinaires, mais surtout pour optimiser les taux de succès de la prochaine implantation embryonnaire en parcours de FIV pour les patientes en échec d’implantation ou ayant subi des fausses couches répétées.